samedi 7 janvier 2006

L'idiot du village, part II

Oui, donc, j'appris la musique comme tout un chacun, avec mes moyens propres. J'ai quelques notions de piano, mais j'ai dû arréter la batterie (je tapais comme un sourd).

Je ne saurais décrire les particularités de mon « écoute » musicale. Je sais que je n'entends que très difficilement la plage supérieure à 17Khz, mais c'est quelque chose d'assez banal. En boîte de nuit, ou en concert trop près des baffles, mes sonotones filrent (par sécurité) le volume sonore, et le résultat n'est pas très heureux, à la limite de la bouillie. D'une manière assez bizarre, et cela est sans doute lié à une configuration nervo-artérielle atrophiée chez moi, à partir d'un certain niveau de consommation d'alcool, je n'entends plus qu'une sorte de syncope rythmée et inidentifiable. Bon, dans cet état là, c'est amplement suffisant pour danser, et d'ailleurs, j'aime absolument tout, y compris la pire daube que pourrait passer le DJ. C'est un peu le pendant musical du « je-ne-sais-pas-avec-qui-je-vais-me-réveiller », en quelque sorte.

Blague à part, j'ai quelques repères musicaux que je considère comme absolus, à savoir : Beethoven, Bartók et John Coltrane. Ce sont à la fois les piliers qui ont façonné mon schéma d'écoute musicale et les points de fuite d'un univers qui n'en finit pas de se découvrir : Beethoven pour l'enthousiasme pur et ravageur, Bartók pour le syncrétisme poussé à la limite de la dissonance, Coltrane pour le lyrisme transcendantal (au sens kantien du terme). Pour le reste, et d'une manière plus « proche » (on ne vit pas d'horizons, de points de fuite), en vrac, j'aime :
  • The clash, pour leur son hagard de garage band monté avec des potaches qui ont des tripes à revendre et font feu de tout bois (Aparté-de-vieille-guéguerre : les SP c'est que des punks d'opérette),
  • XTC, l'envers des The Clash avec un côté plus léché, plus fignolé et une sorte d'autodérision à l'anglaise et une incroyable richesse dans les environnements sonores,
  • Offering de Christian Vander pour son mélange psychédélique de free jazz et de pop avec des pointes kitsch, le tout en un continuel hommage coltranien
  • DJ Cam, pour ses mélopées post-industrielles, qui résonnent de la tristesse assourdissante d'une usine désaffectée,
  • Tortoise pour son électisme à la fois classieux et délirant
Et d'autres...

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