samedi 27 octobre 2007

Si le douanier Rousseau savait chanter...

N'en déplaise aux personnes s'abreuvant d'un relativisme pour mous du genou, tout n'est pas juste une « affaire de goût », en musique comme ailleurs. Il y a des choix qui ne se valent pas, des déterminismes irréductibles. Par exemple, les inconditionnels de Schubert ont une nette propension à ne pas être des rigolos (rapport à une truite pas fraîche de chez picard qui ne passe pas ?).

Blague à part, j'ai fini par acheter l'album de Micky Green « White T-Shirt » pour me rendre compte que ce n'était pas juste une lubie en l'air de ma part : ce que cette nana fait avec sa voix est tout simplement incroyable. Il y a un travail carrémment inouï sur le timbre de sa voix et de sa texture, déjà la tessiture vocale est très large, elle peut prendre une voix chaudement murmurante, enchainer sur une mélopée déchirante, prendre une voix cassée de fatigue, lointaine et rauque, changer pour une voix de petite fille ingénue, ou encore chanter comme un chœur à elle toute seule, et le tout dans des registres stylistiques variés comme pop classique, jazz, blues, folk. Je ne suis pas étonné d'apprendre ici ou là qu'elle chante depuis l'âge de 4 ans. Et pour finir, cette stupéfiante richesse vocale est mise au service d'une sorte de lyrisme naïf au naturel désarmant et tout bonnement irrésistible, aux antipodes complets de la virtuosité démonstrative de chanteurs comme bobby macferrin par exemple (autre grand virtuose du timbre).

Il ne faut pas se laisser abuser par le côté faussement naïf et le ciblage apparent de « chanteuse pop pour ados »: on a là une grande chanteuse, au potentiel colossal.

vendredi 26 octobre 2007

Je retombe en enfance...

... à l'écoute du dernier tube de l'automne de Micky Green, "Begin to fade". Quelque chose dans la voix de la minette me rend complètement gaga, je me l'explique pas du tout.

mardi 3 juillet 2007

Rien à voir, mais...

Elle est trop bath.

dimanche 1 juillet 2007

Le déjeuner des amibes

Les cantoches, depuis tout petit, m'ont toujours été un lieu d'initiation, un lieu ou je rends hommage au Grand Esprit de La Vie Sociale, avec respect et humilité. En l'occurence, à celle de ma boîte, pendant que les gens ont l'air de s'ennuyer ferme dans les files d'attente, je m'éclate et ondule ipodesquement sur ma dernière lubie musicale. J'aime assez l'effet que ça a sur les gens, en particulier ceux à qui j'ai pu, à l'occasion d'un premier échange dans un cadre professionnel, traumatiser à vie en leur annonçant abruptement quelque chose de tonitruant comme « veuillez parler plus fort et lentement, je suis sourd comme un pot, merci ».

Ensuite, fort de mon plateau, généralement copieux et fourni parce que je souffre parfois de souscharge pondérale, je m'assieds dans un coin bien en vue, d'où je peux observer mon environnement social avec une morgue qui n'a d'égale que mon suivi du beat ipodesque, ponctué comme il se doit (bouffer en rythme m'aide à digérer).

Las, j'observe depuis quelques temps un spectacle écœurant. Le même groupe, toujours composé des mêmes personnes, vient manger régulièrement à la même table ronde en face de la mienne, aux mêmes horaires. Déjà, l'aspect analement méthodique d'une routine subie à plusieurs entre collègues de bureau a quelque chose d'un peu effrayant : effet bocal garanti. Leur repas se déroule selon une rythmique bien précise. Une personne ouvre la bouche, parle, avec l'air de quelqu'un qui va dire quelque chose de marrant. Aussitôt, les autres autour de lui, lèvent leur tête, parfois péniblement, de leur assiette, et l'écoutent. Quand il a fini de parler, chacun regarde son voisin de gauche, puis celui de droite (ou l'inverse), une vague hésitation inscrite sur le visage, mais brève, et enchaîne sur un petit rire aussi convaincant qu'un neurasthénique suicidaire compulsant l'almanach vermot, avant de retourner aussi sec à son assiette, et n'en décolle pas jusqu'au prochain cycle, c'est à dire au prochain qui va se l'ouvrir pour « participer » comme ils disent.

Parmi ces convives amorphes, se trouve, par une sorte d'accident incompréhensible, une magnifique nana, source de maints fantasmes de ma part, et au sujet de laquelle je me surprends à échafauder de rocambolesques plans de sauvetage.

Déjà, dans un premier temps, je vais m'entraîner à me suicider à la crème caramel (ou pistache), histoire d'attirer son attention.

mercredi 3 janvier 2007

Resistance is futile. You will be assimilated.

Un beau matin, quelque part entre le 25 décembre et le début de la nouvelle année, je me suis levé du pied gauche et je l'ai amèrement regretté, comme on dit, la tête dans le fondement. En regardant vaguement dehors, la grisaille ambiante me mit dans le bain d'une journée qui s'annonçait palpitante. J'étais passablement énervé contre moi, contre ma tête qui émergeait avec l'enthousiasme d'un castor neurasthénique venant de recevoir un avis d'expulsion de sa propre hutte. Un court instant, j'en ai eu envie de me coller des électrodes dans les oreilles et d'y envoyer un bon électrochoc, histoire de remettre de l'ordre dans tout ça. Minute... électrodes, oreilles... ça m'évoque déjà quelque chose. Ah bon sang mais c'est bien sûr, les fameux implants cochléaires où l'on colle réllement des électrodes dans la cochlée (cette espace de bulbe vaguement en forme de coquille dans l'oreille interne).

Ni une ni deux, voila comment est née ma toute nouvelle résolution pour cette année : ma transformation en cyborg. Outre le fond de l'affaire, (le but du jeu étant quand même d'entendre mieux qu'avant, à la base), je pense déjà à des aménagements esthétiques radicaux. Causons fashion. Au début il faut compter sur une coupe assez punkisante après le charcutage des deux côtés de la tête pour la pose des implants, une bonne grosse cicatrice très seyante à la clef, ce qui donne à peu près ceci :



Ensuite, il y a la pose de l'artillerie lourde externe, en contour d'oreille reliée par un fil à l'espèce de puce qui se met à même la peau, il y a différents modèles disponibles que l'on peut voir sur la page plus haut (je n'arrive malheureusement pas à mettre la main sur les couleurs disponibles), mais déjà la gueule du modèle « bionics » me plaît bien, rien que le nom je kiffe (oui bon je doute que ce soit un argument décisif dans le choix final).

Par la suite, je constate que les implantés font tout pour cacher le bazar en laissant le plus souvent les cheveux repousser dessus. Dans une optique fashion, je pense qu'il serait peut-être intéressant d'avoir une coupe adaptée mettant plutôt en valeur la cicatrice et l'implant, avec, pourquoi pas, un tatouage évocateur autour, tournant autour du thème « cyborg », par exemple, sans aller jusqu'à quelque chose d'aussi « hardcore » que Seven of Nine:

J'ai commencé à mettre en forme mes futures idées de tatouage, je vous tiens au courant.

mardi 2 janvier 2007

Moi, mon Tao et mon chien.

(Non, je n'ai pas de chien, c'est pour la rime.)

Cela fait quelques années que je ne fais strictement rien de spécial pour les fêtes de fin d'année. Il y a diverses raisons à cela, pêle-mêle : je suis un gros bâtard d'autiste flemmard qui ne répond pas aux sollications des amis à moi que je peux encore avoir (ils s'accrochent les rascals), mes familles respectives (ben oui quand tes vieux sont divorcés et peuvent pas se piffrer, ça risque d'en faire deux) m'emmerdent, je suis un faux vrai rebelz qui lutte qui contre le merchandizing inepte de ces moments sacrés de socialisation (bon euh, comme excuse, ça tape bien, mais ça reste du bourrage de mou). Bref, les soirs J, je me fais une petite bouffe peinard (correcte quand même la bouffe), un petit rouge de derrière les fagots (mais je ne me torche pas, c'est plus de mon âge), je me fous au plumard avec un bon bouquin et puis dodo. Les premières fois, j'avoue, j'ai eu au début comme un petit pincement au coeur de savoir que tous ces gros censored de *biiiiip*se tapaient une nouba de tous les diables sans moi, aussi indispensable puis-je être. Mais c'était au début, seulement.

Endurci sur la voie de mon ascétisme militant, dans une deuxième étape, je peux le dire : je n'en ai eu finalement plus rien à carrer. Mieux que ça, je rigolais et m'esclaffais de tous ces pauvres losers qui sont malades à l'idée de passer les fêtes de fin d'année tout seul. Y'en a même qui se suicident, ah les cons. Enfin non, bien fait, survival of the fittest, tout ça, comme on dit chez les anglo-saxons.

Et dans une troisième étape, je me suis rendu compte que cette sorte de contemption n'était pas exempte d'un résidu de jalousie, d'envie à l'égard du reste festoyant de la race humaine, en m'en prenant, même virtuellement et par le mépris, à de pauvre gars qui font ce qu'ils peuvent avec leurs propres dépendances sociales. Dorénavant je déborde de compassion pour ces gens-là. Si vous m'entendez, me lisez, vous qui avez passé des fêtes de fin d'année, seuls comme un chien (ah tiens j'ai réussi par le placer mon « chien », balaise) dans votre coin, je vous comprends, je compatis avec vous. Je vous aime. Amen.

Et puis bon ça suffit ces conneries, je retourne dans ma grotte. Et puis en passant, allez : bonne année les aminches!

Nota bene : on m'a informé que je suis né le même jour et à peu près à la même heure qu'un mec qui a très mal fini au même âge que le mien. Sur la croix, qu'il a fini, le gars. Purée, faut que je fasse gaffe quand même.